De l’accessibilité de l’e-sport pour les spectateurs

Quand on s’intéresse quelque peu à l’e-sport et que l’on est passionné d’un jeu comme League of Legends par exemple, il peut être facile de suivre un événement comme les LCS. Mais pour un non-initié, il est important de prendre en compte un paramètre essentiel : l’accessibilité et en particulier l’accessibilité visuelle du jeu que l’on regarde.

Now you see me

L’e-sport, c’est de la compétition bien sûr, mais aussi du spectacle. Et, à ce titre, il se doit d’être lisible rapidement pour l’expert comme pour le débutant. Toute personne même peu calée en football comprendra rapidement où se situe la balle, quel est le score et combien de temps il reste afin de marquer. Des repères simples mais essentiels afin de se faire un avis sur la situation et voir quelle équipe a l’ascendant sur l’autre.

De ce point de vue, malheureusement, l’e-sport sur certains jeux se doit encore de progresser. Si l’on prend l’exemple des mobas, il est quasiment impossible de comprendre toutes les subtilités des choix de personnages et objets sans avoir préalablement pris connaissance de l’ensemble du jeu et de la meta. A l’inverse, un jeu comme Street Fighter est très lisible. La barre de vie, de Super et les effets visuels liés aux coups et aux blocages en font un jeu très “noob-friendly”. On saluera toutefois l’effort du stream noob mis en place par Valve lors de The International bien que quelque peu décevant.

Certains argueront peut-être que c’est aux casters et/ou à la production de rendre attrayant le spectacle et je ne pourrais pas leur donner entièrement tort. Mais le travail du caster ou de l’analyste s’adresse bien souvent à un public déjà acquis ou en tout cas qui manifeste déjà d’un intérêt pour le jeu.

Visible = Lisible ?

Mais comment concilier joueurs avancés qui réclament toujours plus de données sur les jeux les plus compliqués, et les débutants pour qui la simplification est de mise et qui préfèrent se concentrer sur l’action à l’écran ? On se souviendra des finales d’Heroes of the Dorm sur ESPN où il manquait l’essentiel des informations comme la minimap par exemple. Il faut pouvoir satisfaire deux types de spectateurs et c’est à l’éditeur d’apprendre à soigneusement mélanger les deux. Mettre de l’info sans surcharger l’écran et sans passer à côté de l’action. Parce que si les sports traditionnels ont un point d’action simple, il n’en va pas toujours de même pour les jeux e-sport. C’est pour cela que l’on a des observateurs professionnels.

A l’heure où l’e-sport se développe de plus en plus, il est important pour les éditeurs de ne pas négliger ce facteur parce qu’il est essentiel à la croissance de leur jeu. Une bonne direction artistique et un gameplay agréable ne suffisent pas. Ne pas aller vers l’accessibilité, c’est prendre le risque de fermer la porte à de nombreux spectateurs et clients potentiels. Il est donc nécessaire pour son développement à grande échelle que l’e-sport prenne une direction visuelle plus claire, sans pour autant renier la complexité stratégique qui fait du jeu vidéo de compétition ce qu’il est.

Author: Mathieu Fichot

Dans le milieu de l’esport depuis 2012. Amateur de jeux vidéo, voyages et culture.

2 thoughts on “De l’accessibilité de l’e-sport pour les spectateurs

  1. Pas tout à fait d’accord avec toi !
    Par exemple, pour League of Legends, si tu enlèves toute la complexité du jeu, le jeu n’aura plus aucun intérêt. Pour moi, on est obligé de connaître un minimum le jeu pour s’y intéresser, le suivre et l’apprécier.

    1. Quand tu regardes du basket, du hand, ou bien du foot, tu ne comprends/connais pas chaque tactique mise en place par le coach, chaque déplacement choisi par un joueur, chaque décision prise par un joueur, pourtant un expert pourrait le voir, mais pas toi, et tu apprécies pourtant en regarder à la télé.
      La base est donc de connaitre les quelques règles qui permettent de suivre une rencontre : L’objectif à atteindre, et les quelques règles essentielles qui compliquent les choses pour les joueurs 🙂

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