[DOSSIER] L’argent dans l’e-sport. Partie 1/3 : Twitch

Cet article est le premier chapitre du dossier “L’argent dans l’esport”. Retrouvez les deux autres ici : 

L’argent dans l’e-sport. Partie 2/3 : Les compétitions

L’argent dans l’e-sport. Partie 3/3 : Le crowdfunding

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Il est un sujet qui fait souvent réagir et qui semble aujourd’hui au centre de l’attention quand on parle d’e-sport : l’argent. Organiser des compétitions, des événements, apporter du contenu aux jeux… Tout cela demande des finances. Nous allons voir dans ce dossier en trois parties comment l’aspect financier s’organise dans l’e-sport.

Nous parlerons d’abord de Twitch, la plate-forme de streaming la plus utilisée actuellement. Ensuite, nous aborderons les compétitions. Enfin, nous clorons ce dossier en parlant du crowdfunding, pratique très controversée dans l’e-sport.

Twitch

Alors Twitch, c’est quoi ? Lancée en 2011, la plate-forme Twitch TV était au départ un service de streaming de jeux vidéo rattaché à justin.tv, un site de « lifecasting » ou streaming de vie. Il s’agissait de partager son quotidien via sa webcam. Et Twitch va grossir et grossir encore. Au point qu’en août 2014, justin.tv ferme officiellement et l’équipe en charge se consacre exclusivement à Twitch TV qui devient Twitch tout court.

Le streaming, c’est un univers impitoyable pour qui veut gagner de l’argent. Parce que la seule ressource qui vous en rapportera vraiment, c’est le viewer (spectateur pour les francophiles purs et durs). Comment ? Par la pub.

Une chaîne Twitch partant de rien (sans notoriété, j’entends), fonctionne au tout départ sur le modèle du gratuit. C’est à dire que si vous voulez gagner de l’argent, il faudra d’abord ramener du viewer sur une base régulière. Puis, une fois que vous aurez prouvé votre capacité à générer du trafic, vous pourrez demander un partenariat et vous permettre de monétiser votre contenu (passer des pubs ou proposer un abonnement). Bref voilà, comme sur les sites internet à modèle gratuit, pour générer le biff, il faut du trafic.

Si certains streamers comme Forsen réussissent à générer à eux seuls une audience forte de par leur personnalité ou leur humour, ce n’est pas le cas de tous et l’exposition médiatique est souvent très limitée. L’époque du « self-made streamer » est désormais passée et il vaut généralement mieux s’allier à une webTV déjà existante plutôt que d’espérer tout bâtir de A à Z (ce qui n’est pas impossible en soi, juste très difficile). Certains y arrivent pourtant, mais au prix de méthodes que je vous déconseille : les bots ou le décolleté.

Les bots

Les bots sont des faux viewers, ils gonflent votre audience de manière artificielle et ne comptent pas quand vous diffusez des pubs. Alors pourquoi les utiliser me direz-vous ? Tout simplement pour être en « tête » des classements. Le viewer regardant plus facilement les streams à gros trafic, le nombre engendre le nombre. Qui irait regarder un petit stream à 20 viewers quand il peut regarder un gros joueur avec masse vue. On regarde pour le professionnalisme, le beau jeu et pour s’améliorer et le nombre de viewers fait donc acte de « qualité » mais où est la qualité quand le nombre est gonflé ? On ne saurait le dire.

Le décolleté

C’est un sujet que j’ai déjà évoqué sur O’Gaming il y a plusieurs mois et je voudrais revenir dessus. Le stream à décolleté est un problème. C’est un moyen de générer beaucoup de trafic rapidement, ça vous pouvez me faire confiance, mais il pose encore et toujours la question de l’image. Premièrement l’image de la personne qui streame et qui attire plus pour sa plastique que pour son skill. Deuxièmement, pour l’image des femmes qui streament en général qui se retrouvent bien ennuyées par ce standard (parce que, oui, quand de nombreuses personnes génèrent du trafic via une même méthode c’est que le public l’accepte et en fait un modèle à suivre. Triste, hein ?). Troisièmement pour le public masculin pris pour des cons simplement attirés par le physique et non par le niveau de la personne qui streame.

D’ailleurs Kaceytron a parfaitement compris cette tendance et joue avec. Si vous ne connaissez pas cette jeune fille, branchez vous sur un de ses streams ou regardez ses VOD. Kaceytron est un génie, sincèrement. Pourquoi ? Parce que son stream et son trafic sont basés sur une idée simple : énerver les gens. Elle joue l’idiote, met un décolleté plongeant, se prétend pro sur League of Legends, et lit toutes les insultes que les gens profèrent à son encontre quand ils lui font des dons. Vous saisissez l’idée ?

En résumé : le streaming est devenu un univers où générer de l’argent semble à la portée de quiconque possède un PC et une connexion suffisante. En réalité, tout n’est pas si simple et en faire son métier demande souvent bien plus d’investissement que ce que l’on génère dans un premier temps. Et tout cela pour un résultat plus qu’incertain tant la concurrence est rude (surtout sur les jeux les plus regardés comme League of Legends ou CS:GO).

Fin de cette première partie du dossier sur l’argent. Prochain chapitre : les compétitions.

Author: Mathieu Fichot

Dans le milieu de l’esport depuis 2012. Amateur de jeux vidéo, voyages et culture.

4 thoughts on “[DOSSIER] L’argent dans l’e-sport. Partie 1/3 : Twitch

  1. Kaceytron “un génie” du cynisme ou de l’exploitation peut-être selon ta description (je ne connais pas la dame) puisque si exploiter les bas instincts pour son profit personnel est reconnu comme de l’intelligence, clairement Gameblog est le site JV le plus intelligent de la sphère française et Julien Chieze le génie le chapotant.

    1. Ces personnes savent exploiter certaines facilités pour se faire de l’argent. Quelque part, le consommateur/viewer/visiteur est à blâmer tout comme l’est celui qui propose ces services.

      Une certaine sensibilisation du public est nécessaire afin de ne pas répéter inlassablement les mêmes erreurs et, peut-être, donner naissance à un modèle économique plus pérenne et non basé sur le nombre.

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