Arrêt de la Proleague : Starcraft 2 est-il mort ?

Bonjour. Aujourd’hui un titre bien putaclic histoire de faire gagner de la visibilité à mon blog qui en a résolument besoin. A la question posée en titre, les fervents fans du jeu vont répondre “NON” sans hésitation et partageront sans avoir lu l’article (ce qui fera de la vue haha). Les autres prendront le temps de se poser 5 minutes et de comprendre ce qui a bien pu merder avec un jeu promis à un si grand avenir. Au lendemain de la fête des morts, prenons une planche Ouija et interrogeons-nous : StarCraft, où es-tu passé ?

ZombieCraft

Et après cette introduction riche en justification passons à la problématique : StarCraft 2 est-il mort ? Une question bien légitime après l’annonce récente de l’arrêt de la Proleague ainsi que le disband de cinq équipes coréennes ou encore l’arrêt de la carrière de Jaedong. Il faut savoir que la Corée du Sud est LA nation de StarCraft (1 & 2), là où les joueurs sont les plus forts, à l’instar du Japon sur Street Fighter.

Cela fait désormais quelques années que le jeu est en perte de vitesse et sa déprogrammation à la DreamHack en était déjà un signe fort. D’autres jeux sont venus supplanter la licence de Blizzard dans le cœur des joueurs et l’ajout d’un mode tournoi ingame est arrivé trop tard.

Certains expliqueront ce déclin en se basant sur le modèle économique, League of Legends ou Dota ayant par exemple choisi le modèle du gratuit + micro-transactions. Mais ce serait oublier Overwatch qui cartonne en ce moment avec plus de 20 millions  de joueurs.ukbr5zmex4hy1459882337692

Un jeu désincarné

Une des caractéristiques de StarCraft est que l’on n’incarne pas un héros mais une armée contrairement, par exemple, à Counter Strike. Diriger les actions d’un personnage change l’expérience de jeu. On s’identifie à celui ou celle qui participe à la victoire (ou défaite) de son équipe. Ce faisant, on s’implique plus facilement dans une partie.

Comprenons-nous bien toutefois. L’implication dans une partie de StarCraft est tout aussi réelle. Mais incarner un héros semble aujourd’hui bien plus séduisant et plus accessible au novice.

De la difficulté sur StarCraft

De plus, il faut reconnaître que le jeu est difficile à prendre en main et demande un multitasking à toute épreuve. Dans StarCraft, il faut pouvoir gérer la minimap, son économie, son armée, sa macro… L’accessibilité d’un jeu est ce qui va permettre  de rentrer dedans et de s’y investir. C’est un élément qui pêche chez StarCraft parce que cet élitisme en repousse beaucoup et ne contribue pas à la popularisation du jeu en tant qu’e-sport.

Dans un billet précédent j’avais parlé de l’accessibilité de l’e-sport en tant que spectateur. Certes, StarCraft reste très visuel et quand on voit deux armées s’affronter et l’une d’elle prendre le pas sur l’autre on comprend bien qui a l’ascendant. Le problème c’est que techniquement, il n’est pas forcément facile de comprendre les unités et leurs effets du premier coup d’oeil. D’autant qu’à mesure de la sortie des extensions, ce chiffre a grandi et les techniques et build orders ont changé.

Tout ça pour dire que StarCraft n’est pas un jeu très accessible et avec le public grandissant, il est plus facile de s’intéresser aux jeux majeurs de l’e-sport qu’à StarCraft.

Alors quel est aujourd’hui l’avenir du jeu niveau e-sport ? Il est difficile de le dire. Le RTS n’est plus le genre du moment tout comme le FPS ne l’était plus jusqu’au retour de CS:GO sur la scène. Et ce malgré le cast de compétitions sur Warcraft 3. Peut-on espérer un retour en force dans l’e-sport ? C’est peut-être encore un peu tôt. Et puis, qui sait, un nouveau jeu viendra peut-être remettre le genre au goût du jour ? En attendant les WCS sont à nos portes et PtitDrogo est prêt à représenter la France. A suivre.

Author: Mathieu Fichot

Dans le milieu de l’esport depuis 2012. Amateur de jeux vidéo, voyages et culture.

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